Du plan d’ensemble d’un réseau aux supports de voies

Le tracé est terminé est pourtant, tout le travail commence ! Car il faut transformer une représentation graphique en deux dimensions en un projet qui pourra être réalisé dans de bonnes conditions. Plein d’étapes vont ainsi être nécessaires avant de pouvoir fabriquer notre réseau, sans parler d’y voir circuler des trains. Nous allons évoquer dans cet article la transformation du plan de voies en un ensemble de supports sur lesquels nos voies seront installées. En effet, nous avons choisi la difficulté (ou le réalisme…) en nous imposant comme cahier des charges l’absence de lignes droites ou presque et des voies sur des niveaux différents. Ces choix nous imposent quelques contraintes de réalisation qu’un travail préparatoire adéquat viendra amoindrir. Nous allons ainsi décrire dans cet article la méthodologie permettant de lever une partie de ces contraintes de réalisations.

Bref rappel du projet

Voilà le plan de voies que nous avons conçu. Les autorails rentrent et sortent du centre par la voie indiquée en bleu marine (le quadrillage servant de repère présente des carrés de 20 cm par 20 cm).

Le dessin ci-dessous illustre quelques éléments de la structure porteuse qui permet de visualiser les 3 modules de 1 m par 0.6 m.

Enfin, voilà le dessin de base que nous allons utiliser pour cet article, expurgé des éléments inutiles.

Les principes fondateurs du projet

Le dessin montre un des principes de base qui a prévalu à la réalisation du projet : des courbes et contre-courbes à chaque fois que cela était possible. Seules les voies sous bâtiments sont en ligne droite. Nous nous laissons d’ailleurs encore des possibilités de modifier et d’arrondir quelques tracés à la marge lors de la pose de la voie. Quelques millimètres en plus de ci de là peuvent être de bon aloi.

Le dessin ne montre pas encore en revanche un autre principe qui nous semblait important : éviter la monotonie de voies sur le même plan. Alors certes, il s’agit d’un centre autorail et il n’est pas question de réaliser des dénivelées importants mais il est possible de varier un peu les hauteurs de voies qui permettront de réaliser le cas échéant des marches, des petits talus, des petits murs, etc…

La contrepartie de cet élément du cahier des charges est qu’il va falloir penser et structurer des supports de voies permettant de représenter ces dénivelées ! Ainsi, il va falloir passer d’un dessin plan à un dessin indiquant des hauteurs… Nous allons dans la suite de l’article détailler nos choix pour chaque partie du tracé.

Les premiers travaux de cotation

La voie d'accès

La voie d’accès et de sortie est indiquée en rouge. La voie en bleu est une voie de garage située devant la voie d’accès. Nous avons eu l’idée de masquer en partie cette voie d’accès de telle sorte que les autorails apparaissent et disparaissent peu à peu. La voie en rouge sera ainsi abaissée et la voie en bleu surrélevée.

La référence 0

Dès lors que l’on décide de présenter des voies selon différents niveaux, il faut définir une référence. Nous avons donc décidé de façon arbitraire que l’aiguillage triple du module central (en vert sur la photo) serait notre référence 0 à partir de laquelle nos autres hauteurs pourraient être calculées. Le choix de l’aiguillage triple n’est pas tout à fait arbitraire car il occupe une position presque centrale.

La dénivelée de la voie d'accès

Le MOROP (instance européenne de normalisation) a publié en 2025 une norme indicative (NEM 101) quant aux pentes maximales à respecter, la recommandation est de 2.5 %. Par ailleurs, pour des voies de montagne ou voies particulières (crémaillères par exemple), les pentes de voies ne dépassent pas les 2 % dans la réalité la plupart du temps. Nous allons adopter cette pente (ou en deçà) pour notre projet. Depuis la base de l’aiguillage triple jusqu’au bout du segment de voie, la distance est de 1 m soit une pente de 20 mm si l’on prend 2 %.

Les cotes sont indiquées en millimètres, au droit des supports transversaux sur lesquelles les chandelles seront fixées .

La dénivelée de la voie de garage

Nous avons ici prévu une voie qui monterait légèrement. Il faut procéder par étape et faire notamment attention à ce que les aiguilles ne soient pas en devers, c’est à dire qu’une des branches de l’aiguille ne soit pas plus basse que l’autre. Dans notre exemple, l’aiguille triple est à la référence 0 a sa base et à + 2  pour ses trois branches. Les deux branches de l’aiguille qui suit l’aiguille triple sont aussi à la cote + 2. C’est à partir de cette cote que nous avons fait progresser notre voie de garage jusqu’à la cote + 14 en laissant une portion plane à la fin d’environ 350 mm. 

Nous espérons avoir été suffisamment clair quant à la méthodologie de déploiement et de calcul de ses dénivelées. C’est les mêmes principes qui vont présider à la réalisation de l’ensemble du projet. Nous irons ainsi un peu plus vite pour présenter la suite. 

Les autres parties du réseau

Les voies de la remise du module droit

À partir de la voie de droite de l’aiguillage triple, une TJD et une aiguille permettent d’accéder à ces deux voies. Elles montent très légèrement jusqu’à + 15 mm.

Les voies desservant les ateliers du module gauche

Les trois voies du grand atelier terminent à + 11 mm. Les deux autres à 15 mm.

La partie avant du réseau

Les deux voies de garages du module gauche sont prévues à + 4 et + 9 mm. Ces légères différences de hauteur permettront de faire un petit mur ou un petit talus entre les deux voies

Ces deux voies se terminant sous un bâtiment, elles se terminent à la même hauteur.

Un bilan intermédiaire

Bien entendu, la précision des cotes n’empêchera pas de faire quelques modifications supplémentaires lors des prochaines étapes. Il est en effet possible que des choix faits sur le papier apparaissent peu convaincants lors de la réalisation. Mais revenons aux différences de niveaux que ce projet propose.

Nous avons comme hauteur maximale 15 mm et comme hauteur minimale – 20 mm soit un écart maximum de 35 mm, ce qui reste très raisonnable. L’objectif d’ailleurs n’était pas de chercher à maximiser les différences mais à créer des petites ruptures dans les niveaux qui permettront de réaliser un petit talus, deux ou trois marches, installer quelques barrières béton pour les différences de niveaux plus importantes. Autant de petits détails qui casseront la monotonie d’un décor totalement plan et apporteront une vrai touche de réalisme.

Les supports de voies

Il faut maintenant commencer à penser à la réalisation pratique du projet et concevoir les supports sur lesquels les voies seront posées, en tenant compte des différences de niveaux. C’est aisément compréhensible : si tout est au même niveau, pas besoin de se casser la tête et un support plan suffit. Dans notre cas en revanche, il va falloir réaliser autant de supports que nécessaires. Il faut pour cela conjointement suivre le tracé de voies et ses niveaux. Le résultat est fourni dans le dessin ci-dessous.

C’est un peu chargé et il est plus facile de comprendre le travail réalisé dans le dessin ci-dessous. Chaque support à découper est repéré. Il en faudra 25 uniquement pour pouvoir installer nos voies ! Un travail un peu long de menuiserie en perspective mais ce sera l’occasion d’un prochain article.

Eléments de conclusion

L’article semblera trop fouillé à nombre d’entre vous, certains maitrisant la conception et la réalisation des premières étapes d’un réseau ferroviaire, d’autres ne comprenant pas l’utilité d’une telle étape. Néanmoins, un projet est d’autant mieux réalisé qu’il a été bien pensé en amont. Quelques heures de réflexion préalable autour d’un croquis, puis d’un dessin à l’échelle, sur un logiciel de dessin vectoriel (ce qui a été utilisé ici) ou d’un logiciel dédié à la conception d’un réseau de trains miniatures est toujours utile. Modéliser sur le papier son projet ne signifie pas qu’il est gravé dans le marbre. La phase de réalisations révèlera des difficultés imprévues qui nécessiteront des adaptations. Un des problèmes régulièrement rencontrés par exemple est le positionnement des moteurs d’aiguilles sous les voies qui peuvent se trouver sur un tasseau. Vous pouvez constater que nous avons essayé d’anticiper cette difficulté en examinant de près le deuxième dessin de l’article avec la représentation de la structure porteuse. Et puis de toutes façons, la technique des porteurs en L que nous allons employer permet de modifier aisément la structure porteuse…

Merci de votre lecture, laissez-nous un commentaire si le cœur vous en dit et à bientôt ! 

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