Améliorations des autorails Picasso (2ème partie – la patine)

Un nouvel article qui fait suite au premier article relatif  à l’autorail X  3800 ou Picasso. Il va s’agir ici de décrire des opérations de patine facilement accessibles à tout un chacun à l’aide de pastels secs. Ces opérations sont d’ailleurs valables pour patiner tout type d’autorail.

À vos pastels !

Niveau de difficulté : initié

Matériel nécessaire : un autorail Picasso

Matériel optionnel : pièces de détaillage fournies par des artisans

Outillage nécessaire : pastels secs ou équivalent, Gesso, peinture pour maquettes, pinceau, vernis mat en bombe

De gros travaux d’améliorations et de patine ont déjà été conduits sur ce Picasso issu d’une collection presse. La face avant mériterait une patine encore plus appuyée compte tenu de celle appliquée en toiture.

Les travaux sur ce type de modèle peuvent être déployés à l’infini et il conviendra de porter vos choix selon l’utilisation de votre autorail dans votre projet.

Les photos de Picasso en situation réelle montrent une très grande variété de patine. Cette variété étant particulièrement marquée pour les toitures qui compte tenu de l’échappement peuvent être très sales.

Reproduire la patine est un vrai challenge en modélisme et conduit parfois à des interprétations douteuses. Ne vous mettez de pression particulière sur cette question : vous constaterez régulièrement que nombre de matériels dans les expositions par exemple ne sont pas patinés. Même les modélistes les plus éminents hésitent à modifier des machines qui coûtent plusieurs centaines d’euros. Mais l’enjeu ici est différent : les machines sur lesquelles nous vous proposons de travailler ne coûtent que quelques dizaines d’euros au pire (et même moins pour les productions issues de collection presse) et il est ainsi plus facile de se faire la main. Dans cet article, nous allons seulement utiliser des pastels secs (des terres à décor feront aussi l’affaire si vous en disposez). Bien entendu, l’utilisation de l’aérographe reste le meilleur moyen pour parvenir à des patines réalistes mais tous les modélistes n’en possèdent pas, loin de là !

Enfin, pour terminer cet introduction, ayez en tête que c’est souvent plus facile de procéder à une patine massive qu’à une patine légère. Autrement dit, une patine massive – outre le fait qu’elle est parfaitement réaliste pour ce genre de matériel – est un bon moyen pour acquérir du savoir-faire en la matière.

La patine en toiture

Vous pouvez commencer par évoquer un voile de poussière en réduisant en poudre un pastel un peu plus foncé que la couleur de la toiture.

Voilà les nuances que vous devriez obtenir. Selon le degré de salissures et de poussières que vous souhaitez représenter, vous pouvez choisir des pastels plus foncés et passer plusieurs couches.

Pour évoquer ces traces, vous pouvez employer des pastels dans différentes nuances de gris jusqu’au noir. Comme montré ci -contre, la poudre de pastel est directement déposée sur la toiture.

Ces photos vous guideront vers la représentation de points particuliers de salissure, ici par exemple aux jonctions entre la caisse et la toiture et autour des joints de toiture.

Deux résultats possibles parmi d’autres. Ci-contre, une patine que nous qualifierons de moyenne. L’avant et l’arrière ont été travaillés. Ayez en tête que la photo en gros plan accentue les effets. Nous vous recommandons de passer un voile de vernis mat (après protection des vitrages) pour fixer les poudres.

Pour la patine des flancs, les photos réelles montrent des caisses beaucoup moins sales que la toiture. Voilà les deux couleurs de pastels ou de terre à décor qui ont été utilisées.

La poudre de pastel est appliquée à l’aide d’un pinceau.

La grille située à proximité de l’échappement requiert une patine appuyée. Vous pouvez y appliquer un lavis généreux de noir. C’est d’ailleurs la première étape à l’évocation des traces d’échappement, qui est le point majeur de la patine de cet autorail.

Le travail se poursuit selon la même méthode en appliquant sur des surfaces plus ou moins étendues et en choisissant des pastels plus ou moins foncés. Nous vous recommandons de vous inspirer de photos réelles qui vous guideront vers une solution réaliste.

Ou bien ici autour des aérateurs. Procédez méthodiquement sans vous pressez et vous verrez que le résultat obtenu sera particulièrement gratifiant.

Et ci-contre une patine plus forte où plusieurs couches successives ont été passées et où les trainées d’échappement ont été notamment étendues. Ces deux patines ont été réalisées à partir de photos. Deux interprétations parmi les vôtres, qui seront tout aussi légitimes ! 

L’objectif est de venir atténuer l’aspect brillant et neuf de la peinture. Vous pouvez choisir l’état de patine que vous souhaitez évoquer. Vous fixerez vos pastels ou terres à décor avec une bombe de vernis mat après avoir enlevé ou protégé les vitrages.

La patine des bogies

Les photos réelles montrent des bogies d’une couleur oscillant entre le brun sale et la rouille. Vous pouvez mélanger un peu de peinture rouge foncé et grise et passer une première couche sur votre bogie (cf. ci-dessous).

Il est néanmoins possible d’accentuer l’effet en fonçant la patine. Ci-dessous, le bogie de gauche a reçu en plus un mélange de rouge foncé et de sépia, ce qui bien entendu fonce l’aspect par rapport à celui de droite.

Si vous souhaitez obtenir l’aspect légèrement granuleux du métal, vous pouvez réduire en poudre des pastels secs aux couleurs adaptés et les mélanger avec un peu de Gesso qui servira de liant.

Voilà ce qu’il est possible d’obtenir. L’intérêt de travailler avec un liant type Gesso et qu’il permet d’obtenir un léger effet de structure granuleuse. Il est bien entendu possible d’obtenir d’autres nuances après séchage.

Vous pouvez faire des essais pour varier les effets de patine plus ou moins appuyés.

Cette première intervention pourra suffire à la plupart d’entre vous. Ci dessous, le bogie a été remonté sur le châssis et c’est déjà convaincant. 

 Veuillez noter que les flancs de roue devraient être traités de la même façon.

Le mélange sera appliqué par tamponnement avec un pinceau à poils durs.

Sur cet autre bogie, la base a été constituée par un pastel gris foncé et du Gesso.

Eléments de conclusion

Une méthode de patine avec des techniques simples accessibles à tous. Si vous disposez d’un aérographe, il est possible de réaliser des patines époustouflantes de réalisme mais les modélistes possédant un aérographe ne sont pas si nombreux… Le recours aux pastels secs ou au lavis de peinture constituent une bonne alternative !

Vraiment sans limites… Ci-contre, un attelage fin à élongation a été installé ! C’est une opération qui demande un usinage du zamac… De nouveaux challenges en perspective…

Merci de votre lecture, laissez nous un commentaire si le cœur vous en dit et à bientôt….

Les options de travaux sur ce type d’autorail bon marché sont sans limites ou presque… Nous travaillons sur un projet de motorisation dont vous voyez le premier prototype ci-contre ! Ce bogie de Picasso tourne parfaitement sur un banc d’essai mais il reste à l’installer sur le châssis et à tester l’ensemble. 

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