Comme point de départ de cet article, une discussion avec des étudiants en architecture ! Pendant une séance de travail au sein du centre de documentation de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Lyon, des étudiants sont venus à notre rencontre pour échanger sur nos maquettes. Assez vite dans la discussion, une question a été posée par l’un d’entre eux sur le fait de savoir si des formations en modélisme et en maquettisme existaient. Nous avions alors répondu non…!
Quelques mois plus tard et de façon très fortuite, nous sommes tombés sur un ancien éditorial de Jehan Hubert Lavie (Loco revue 509 de novembre 88) qui annonçait l’ouverture d’une filière « maquettisme volume » dans un lycée breton pour la rentrée de septembre 1989. Voilà bien un sujet qu’il pouvait être opportun d’approfondir. De fil en aiguille, nous avons constaté que ces cursus se sont bien développés puisque 9 lycées assurent aujourd’hui cette formation intitulée à présent : Certificat de spécialisation « Maquettes et Prototypes ». Nous avons pu échanger avec les responsables de deux de ces formations et avons pu même visiter les ateliers de la formation du lycée Léonard de Vinci à Villefontaine.
Ces formations très complètes permettent de former des professionnels compétents en maquettisme et prototypage.
Quelques exemples parmi d’autres des maquettes réalisées par les étudiants au cours de leur formation.
Table des matières
TogglePréambule
Avant toute chose, nous tenons à remercier Loic Basbayon et Nicolas Vinatier, respectivement responsables de ces enseignements au sein du lycée Marcellin Berthelot à Questembert (Morbihan) et du lycée Léonard de Vinci à Villefontaine (Isère) pour leur grande disponibilité. Nous remercions aussi le lycée Léonard de Vinci qui nous a accueilli durant une matinée. Ces deux lycées font partie des lycées pionniers dans la mise en place de ces formations et ils ont formé plusieurs centaines de modélistes depuis plus de 35 ans. Une grande partie de l’équipe de Miniworld à Lyon en est issu par exemple.
Cet article est une synthèse des entretiens avec ces deux responsables et de la visite des ateliers du lycée Léonard de Vinci. Pour les personnes qui seraient intéressées par ces cursus de formation, rien ne saurait remplacer une prise de renseignements auprès des 9 lycées assurant ces certificats. C’est d’autant plus important que selon les cas, la formation est accessible en formation initiale, en formation continue ou en apprentissage. Par ailleurs, les certificats peuvent avoir une coloration particulière selon la nature des autres formations proposées dans le lycée (l’automobile pour le lycée de Malakoff, le design pour le lycée de Villefontaire, l’industrie navale pour le lycée de Questembert par exemple).
Une formation accessible après le baccalauréat
La formation est ouverte à tous les étudiants possédant a minima un baccalauréat. La motivation des candidats est essentielle dans le processus de recrutement, compte tenu de la spécificité de ce parcours de formation. Ce cursus demande en effet à la fois des compétences particulières (capacités à passer d’un dessin à un volume – de la 2D à la 3D, vision dans l’espace, capacités à imaginer la ou les solutions techniques permettant de réaliser un projet, capacités d’écoute pour comprendre un cahier des charges, capacités à travailler en équipe avec des interlocuteurs variés : concepteur, architecte, industriels, etc.) et le goût pour des travaux d’atelier très divers. Il n’est pas strictement obligatoire d’avoir une formation initiale scientifique et technique et la manifestation d’une vraie motivation pour intégrer le cursus de formation sera importante dans le processus de sélection.
Vous trouverez la fiche descriptive de synthèse sur le site de l’ONISEP.
Le maquettage et le prototypage : une phase essentielle du processus de création où l'on passe du concept au projet
De quels métiers parle-t-on ?
On peut distinguer sommairement le maquettage du prototypage en indiquant qu’un maquette (maquette d’architecture ou d’urbanisme, maquette de scénographie, etc.) est à usage unique tandis qu’un prototype est souvent la première étape concrète matérialisant un produit qui fera l’objet d’une production en série. On peut aussi indiquer qu’une maquette est la plupart du temps réduite (souvent au 1/100ème) alors qu’un prototype est souvent réalisé à l’échelle 1, intégrant déjà ainsi un certain nombre de variables industrielles.
Dans les deux cas, il y a d’abord une idée qui dans un 1er temps se matérialise le plus souvent par un dessin. Un dessin de projet architectural va ainsi se matérialiser en volumes au travers d’une maquette. Pour ce qui concerne le prototypage, il s’agit de concevoir un prototype du produit fini qui va permettre de matérialiser et de valider un grand nombre d’options techniques. C’est souvent l’étape préalable à la phase d’industrialisation, durant laquelle il va s’agir de valider la possibilité de produire le prototype en grande série sur des outils industriels à des coûts compétitifs le cas échéant.
Ces certificats de spécialisation permettent donc d’acquérir les compétences nécessaires au processus de maquettage et de prototypage, phases stratégiques entre la phase de conception et la phase de production. C’est en effet à ces moments là que les produits et les projets naissent physiquement…
Organisation de la formation
La formation vise donc à former des professionnels capables de réaliser tout type de maquettes et de prototypes à destination de n’importe quel secteur d’activité : culture, automobile, électroménager, sport et loisirs, ameublement, cosmétique, etc.
Bien entendu, l’année scolaire est jalonnée de façon à ce que les étudiants acquièrent progressivement les compétences requises.
Une année découpée en plusieurs cycles
La parcours de formation s’organise autour de plusieurs cycles, alternant présence au sein du lycée et stages en entreprise et permettant d’acquérir peu à peu l’ensemble des savoir-faire et compétences requis pour obtenir le diplôme. Les formations théoriques (technologie des matériaux et des procédés, modélisation 2D et 3D, anglais technique) représentent de l’ordre de 25 % du temps pour 75 % du temps consacrés à l’apprentissage des différentes technologies en atelier.
Ces cycles sont au nombre de 5 et sont présentés ci-dessous :
L'importance des stages en entreprise
Les stages en entreprise représentent 12 semaines soit près du 1/3 du temps de formation. Ces formations travaillent avec un réseau d’entreprises qualifiées, garantissant des stages de qualité. Les équipes enseignantes travaillent en collaboration avec ce réseau d’entreprise et assurent un suivi régulier des stagiaires, notamment en visitant les entreprises.
La validation du cursus
La formation est validée par un examen durant lequel l’étudiant sera amené à présenter un projet personnel évalué par des professionnels extérieurs (cf. photos en fin d’article).
Les moyens techniques à disposition
Les machines d'usinage classiques
L’atelier dispose de machines conventionnelles de tournage et de fraisage.
Ci-contre, on peut apercevoir des lapidaires et une scie à ruban.
Ci-contre, une machine de précision plus rare, permettant de réaliser des chanfreins à 45 degrès.
Les dispositifs de moulage
Ci-contre, une pompe à vide permettant de réaliser des moulages professionnels.
Les machines à technologie numérique
Bien entendu, ces formations suivent au plus près les évolutions technologiques et se sont dotées depuis ces dernières années de machines numériques.
Ci contre, un scanner 3D et ci-dessous des imprimantes 3D.
Ci-dessous, une machine de découpe laser.
Et ici, une machine outil à commande numérique.
Les machines de peinture
Un atelier de peinture est bien entendu disponible pour la décoration des créations qui le nécessitent.
Ci-contre, quelques pièces en cours de séchage.
Les réalisations des étudiants
Les projets réalisés en cours de formation
Nous avons visité l’atelier du lycée Léonard de Vinci à quelques semaines de l’examen et avons pris quelques photos des projets en cours de finalisation.
Il est toujours utile de présenter un atelier et des plans de travail. Des étaux, des serre-joints, des tapis de travail, des pinces, des cutters, des produits en cours d’élaboration, etc., autant de photos qui donnent une réalité concrète à ces métiers !
Quelques réalisations remarquables
Nous sommes ici dans le domaine de l’excellence et ces photos regroupent quelques exemples – parmi de nombreux autres – de projets personnels de fin d’études réalisés pour la validation de la formation. De notre point de vue, cela se passe de commentaires…
Eléments de conclusion
Il est difficile de faire une présentation exhaustive de ces formations et nous vous invitons à nouveau à consulter les sites de chaque lycée. D’excellentes présentations sont disponibles sur le site de certains avec quelques vidéos présentant des réalisations concrètes
Ces formations assurent une formation diplômante post bac et sont assurées par l’éducation nationale, elles sont ainsi encadrées par des enseignants et professionnels reconnus.
L’éducation nationale a récemment quasiment doublé sa capacité de formation (passage de 5 à 9 lycées assurant ces certificats) et il peut rester quelques places disponibles dans certains lycées. Comme nous l’indiquions en introduction, n’hésitez pas à les contacter. Ils assurent aussi régulièrement des journées « portes ouvertes » permettant de mieux découvrir cette offre de formation.