Un indispensable des dépôts : les réserves de carburant ! Enfin, pour ceux qui souhaitent les représenter car dans de nombreux cas, ces cuves étaient enterrées. Nous avons divisé le sujet en deux articles complémentaires. Ce premier article va porter sur la construction d’une zone de stockage de carburant relativement simple dotée d’un seul réservoir et surtout, sur les moyens et techniques de base pour y parvenir, à base pour l’essentiel de matériaux de récupération ou facilement accessibles. Le deuxième article reviendra plus en détail sur les typologies de zones de stockage et de distribution de carburant et proposera ainsi un projet avec plusieurs citernes.
Ces équipements sont proposés dans de nombreuses versions par de nombreux industriels et artisans. Mais fidèle à de nombreuses propositions de ce blog, nous vous proposons ainsi une solution accessible, qui présente l’avantage d’être à la fois une solution bon marché et un bon moyen d’acquérir et de développer des compétences de modéliste…
Voilà le projet que nous vous proposons de réaliser, à partir de matériaux de récupération. Rien de compliqué et surtout un beau projet pour faire l’apprentissage de différentes techniques de modélisme.
Nous avons réalisé en fait deux versions un peu différentes pour vous convaincre de la facilité et de l’intérêt de ce projet.
Il ne vous restera plus qu’à construire votre propre version…
Table des matières
ToggleLa fabrication de la citerne
Nous avions déjà présenté un mode opératoire relativement similaire dans cet article au sujet assez libre. Par ailleurs, Yann Baude reprend la même méthode dans le numéro 4 des dossiers thématiques consacré aux centres autorails. Nous avons fait le choix de construire notre citerne à partir d’un tube pharmaceutique de récupération dont les dimensions nous ont semblé cohérentes. Un recours au « miséramodélisme » qui donne d’excellents résultats. Nous reviendrons dans le cadre du deuxième article plus en détail sur les volumes des cuves à partir du livre d’Olivier Constant sur les dépôts autorails de la SNCF qui fournit quelques plans de dépôts avec pour certains, des indications sur le volume des citernes.
Le dôme
Nous allons utiliser des cylindres issus de notre armoire à pharmacie pour réaliser nos citernes ! Nous n’avons pas vérifié le diamètre et la cohérence de ce choix mais cela nous a semblé être un diamètre convenable pour ce projet. Le tube utilisé mesure 80 mm de hauteur pour 32 mm de diamètre soit ramené à l’échelle un réservoir de l’ordre de 43 m3. On trouve assez fréquemment des réservoirs de 37.5 m3 dans les dépôts, soit un volume très proche de notre projet. Les plus pointilleux pourront réduire la hauteur du tube de 10 mm.
Premiers travaux à réaliser : constituer le dôme caractéristique de ces citernes. Il va suffire de découper (c’est néanmoins un peu fastidieux…) et d’empiler des cercles successifs en carte plastique. Pour vous guider dans ces découpes, nous avons découpé des cercles de 30, 28, 27, 25 mm dans du styrène de 0.5 mm et des cercles de 22, 20, 17, 13.5 et 10 mm dans du styrène de 0.25 mm
L’assemblage sera collé sur la boite cylindrique.
Un mastic compatible avec le styrène sera généreusement appliqué pour boucher les vides entre les cercles superposés.
Laissez bien sécher le mastic. Lorsque c’est le cas, vous constaterez certainement qu’il y a des manques. Remplissez les et laissez à nouveau sécher.
Notre dôme commence à ressembler à un dôme !
Il faudra appliquer enfin un apprêt de surfaçage plus fin pour obtenir un état de surface correct avant peinture. Il peut être nécessaire de faire plusieurs séances d’apprêtage et de ponçage. Ce projet est de bon moyen de faire l’apprentissage de ces techniques.
La vue de profil vous donne une idée de ce qu’il est possible d’obtenir.
Comme vous pouvez le constater, il reste encore un peu de travail pour obtenir un dôme parfaitement régulier et homogène…
Une fois encore, une vue de profil permet de vérifier l’avancée du travail..
Lorsque vous aurez l’impression d’avoir bien comblé les manques, vous pouvez procéder à un 1er ponçage. Le mastic de couleur différente du styrène permet de réaliser un ponçage régulier. Comme vous pouvez le constater, il faut encore mastiquer, notamment le haut du dôme.
Une couche de mastic supplémentaire. Il faudra répéter ces séquences masticage et ponçage autant de fois que nécessaire jusqu’à obtenir un état de surface régulier.
Ci-contre un autre exemple de tube qui peut être employé, dont les proportions peuvent aussi convenir.
Le travail avec le mastic de base après ponçage est bien visible sur la photo ci-dessus.
Et ci-contre, vous pouvez observer le résultat une fois le mastic de surfaçage plus fin de couleur grise poncé. Bien entendu, la qualité de la finition doit être adaptée au besoin. Inutile de fignoler particulièrement l’état de surface si le haut de votre cuve est peu visible.
La paroi
Pour réaliser le rivetage, il suffit d’appliquer fortement la roulette dédiée à cet effet le long d’un réglet en suivant les lignes dessinées au préalable.
Ce gros plan permet de mieux se rendre compte du résultat obtenu.
La première étape consiste à préparer une feuille de styrène fine (en l’occurrence qui peut être estampée) qui viendra recouvrir le corps de notre tube. Faites attention, nous nous sommes aperçu qu’il y avait quelques dixièmes de millimètres d’écart entre le haut et la bas du tube. Notre découpe est donc très légèrement trapézoïdale. La feuille a été marquée aux endroits du rivetage.
Notre feuille est à présent rivetée !
Il ne vous reste plus qu’à coller la feuille rivetée en place. Appliquez d’infimes quantités de colle : la feuille de styrène est très fine et vous risquez de brûler le plastique en en appliquant trop (nous parlons en connaissance de cause).
Nous avons testé différents rythmes de rivetage. Cela peut constituer une bonne opportunité pour donner de la variété à vos réalisations dans le cas d’une station avec plusieurs cuves qui auraient été ajoutées au fil du temps. Comme vous pouvez le constater, les réservoirs ont reçu une première couche d’apprêt.
Le détaillage de la cuve
Nous proposons un détaillage qui sera à adapter en fonction de votre projet. Plus votre cuve sera visible, plus vous gagnerez à la détailler. Si en revanche, elle est éloignée du bord de votre réseau, vous pouvez vous contenter d’une évocation.
Le trou d’homme au bas du réservoir a été fabriqué avec une chute de tube de profilé styrène mise en forme et collée.
L’interprétation est un peu libre. Ayez en tête que la cuve de dépotage va masquer en grande partie ces détails
Le trou d’homme au sommet a été réalisé avec un butoir amortisseur en plastique (placard de cuisine). Un profilé plastique a été collé dessus.
Nous avons utilisé des pièces de gravure chimique (probablement des pièces destinées au modélisme naval…) que nous avions en stock. La photo vous donne par ailleurs une bonne idée du rivetage.
Il s’agit d’évoquer le boulonnage de la porte.
Voilà ce que donne notre cuve en l’état d’avancement après avoir été totalement apprêtée. La couleur de l’apprêt d’ailleurs peut servir de base à la décoration ultérieure. Le gris est plutôt crédible.
Le réseau de tuyauteries
A minima, voilà ci-contre ce qu’il faudrait représenter. Bien entendu, si votre cuve est placée au 2ème plan, vous pouvez évoquer plus simplement le réseau de tuyauteries. Les conduits à l’intérieur de la cuve de dépotage sont notamment peu visibles.
Vous pouvez utiliser des profilés styrène de diamètre divers pour évoquer ces réseaux de tuyauteries. Des petits joints de briquets sont utilisés aux jonctions de la cuve (ci-contre et ci-dessous).
Les profilés seront mis en forme en les chauffant au dessus d’une source de chaleur. Ci-contre, la conduite de remplissage vient d’être formée et est mise en place pour vérifier sa géométrie. Nous vous recommandons de peindre ces différentes tuyauteries avant leur installation.
Cette photo en gros plan montre de façon opportune le détail des tuyauteries que nous allons évoquer.
Préparez les différents morceaux de tuyauteries. Nous avons utilisé des chutes de 1 mm, probablement un peu trop petites
Le socle et les murs
Nota : à partir de ce paragraphe, nous vous présentons en parallèle la réalisation de deux projets avec des cuves aux caractéristiques un peu différentes. Les photos peuvent s’appuyer alternativement sur l’un ou l’autre des projets.
Des petits morceaux de carton plume biseautés ont été installés au pied de chaque cuve.
Mise en place à blanc du tuyau de remplissage et du conduit d’évent (ci-contre et ci-dessous).
Les socles ont été adaptés aux diamètres de chaque cuve.
Des murs (carton plume de 5 mm pelé) ont été confectionnés et collés . Le dernier mur sera installé une fois que cuves et tuyauteries seront en place
Ci-dessous, les circuits de dépotage et de distribution.
Les plus courageux parmi vous pourront installer des petits volants en découpe chimique… À envisager bien entendu pour les projets de premier plan pour lesquels de tels détaillages seraient opportuns.
Le local de la station de pompage
Deux exemples parmi d’autres, réalisés à partir de chutes de cartes plastique pour les porte et de carton plume pour les murs. Celui de droite a été doté d’un toit terrasse.
Nous avons passé au préalable une couche d’apprêt de fixation avant la peinture.
Les portes sont de simples chutes de styrène peintes. Vous pouvez évoquer les poignées si vous le souhaitez.
Pour ce petit local, nous avons utilisé des chutes de laiton imitant la tôle ondulée ou l’Everite.
Ici, un local un peu plus grand avec un toit plat. Vous pouvez faire les choix que vous souhaitez.
Peinture et patine
La peinture
Et sur celui-ci, une couleur légèrement plus foncée.
Vous pouvez choisir tout type de couleur pour les murs. Ici, une couleur ivoire a été appliquée sur le gris béton.
La patine des cuves
Il suffira de mélanger la poudre de pastels et le liant.
Recommencez l’opération aussi souvent que nécessaire en changeant les nuances et les couleurs. La rouille n’est jamais uniforme.
Il suffit de pastels secs aux couleurs adaptées réduits en poudre et d’un peu de Gesso ou de médium acrylique.
Avec un petit morceau de mousse poreuse, il suffit de prélevez le mélange, enlever le surplus et l’appliquer sur la cuve. Il est très important de laisser une quantité infime sur le petit morceau de mousse.
Pour cet autre projet, nous avons fait le choix d’une patine moins marquée. Vous pouvez vous inspirer de photos réelles pour faire votre choix.
Eléments de conclusion
La seule vraie petite difficulté de ce projet est la réalisation de la citerne. Si jamais vous avez un vieux wagon citerne qui traine dans vos caisses, vous pouvez l’utiliser ou bien en trouver un pour quelques euros dans une bourse d’occasion. Mais la fabrication à partir de cylindres pharmaceutiques vous permettra d’acquérir un savoir-faire utilisable pour d’autres projets. Ayez aussi en tête que le projet peut être simplifié, notamment les tuyauteries peu visibles, surtout si votre dépôt de carburant est au second plan…
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